Asie du Sud-Est

Durant les trois dernières décennies l'ASEAN a connu une croissance moyenne de 5%, et les prévisions de l'OCDE tablent sur la poursuite d'une croissance forte en Asie du Sud-Est, estimée à 5,6% pour la période 2015-2019

Réalisé en coopération avec les Conseillers du Commerce Extérieur de Singapour, Entrepreneurs d'Asie et avec l’aimable participation de Son Excellence l’Ambassadeur des Philippines à Paris, Ma. Theresa P. LAZARO.

Une région en forte croissance

Vue générale de l'économie (PIB, croissance)

Si les dix pays membres (Indonésie – Thaïlande – Malaisie – Singapour – Philippines – Vietnam – Myanmar – Cambodge – Brunei – Laos) de l'Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) ne formaient qu'une seule nation, ils constitueraient la 7ème plus grande économie mondiale, dépassant le Brésil, avec un PIB combiné s'élevant à près de 2.500 milliards USD en 2014.

Taux de croissance 2014, en %

Durant les trois dernières décennies, la zone a connu une croissance moyenne de 5%, et de nombreux pays sont passés du statut d'économie à faibles revenus à celui d'une économie à revenus moyens. Par exemple, le PIB de la Malaisie a été multiplié par trois depuis la crise asiatique de 1997, tandis que celui du Vietnam a quintuplé en seulement une décennie. Les prévisions de l'OCDE tablent sur la poursuite d'une croissance forte en Asie du Sud-Est, estimée à 5,6% pour la période 2015-2019.

Les disparités de niveaux de développement sont cependant grandes entre les différentes économies de l'ASEAN. En comparaison avec le PIB par habitant en France en termes de PPA, celui de Singapour représente plus que le double, tandis que celui du Cambodge est douze fois inférieur. Les taux de croissance varient également en fonction des pays. Les économies “matures” à hauts revenus comme Singapour (2,9% de croissance en 2014) ont une croissance plus faible que les économies en voie de “rattrapage” comme le Myanmar, le Laos et le Cambodge, lesquels affichent un taux de croissance élevé (allant de 7% à 7,7%).

Malgré la diversité de la région, les membres de l'ASEAN possèdent globalement de solides fondements économiques. La plupart des pays bénéficient d'un faible taux de chômage (allant de 0,3% au Cambodge à 6,4% aux Philippines), d'échanges commerciaux dynamiques et d'une certaine stabilité politique. Par ailleurs, les grandes économies—c'est-à-dire la Malaisie, l'Indonésie et les Philippines—ont mis en place avec succès des plans de développement économique nationaux. Certains pays connaissent des épisodes de crise, tels que les Philippines régulièrement balayées par les typhons (à Haiyan en 2013) et la Thaïlande touchée par une crise politique et victime d'un coup d'état en 2014. Néanmoins, ces deux pays font preuve d'une grande capacité à rebondir rapidement.

Le développement au sein de l'ASEAN
Carte de l'ASEAN
(sources http://data.worldbank.org/about/country-and-lending-groups et FMI - Avril 2015)
Pays PIB 2014 en MILLIARDS USD, prix courants Niveau de développement
Indonésie 888,65 Bas-moyen
Thaïlande 373,8 Haut-moyen
Malaisie 326,93 Haut-moyen
Singapour 308,05 Haut
Philippines 284,93 Bas-moyen
Vietnam 186,05 Bas-moyen
Myanmar 62,8 Bas-moyen
Cambodge 16,55 Bas-moyen
Brunei Darussalam 15,1 Haut
Laos 11,68 Bas-moyen

Les solides performances des économies d'Asie du Sud-Est s'appuient sur la combinaison d'un modèle économique basé sur les exportations et d'une consommation intérieure en croissance rapide. Avec la montée en gamme de la Chine, l'ASEAN est devenue une base industrielle de premier plan, dotée d'une main-d'œuvre abondante et relativement bon marché. Ces facteurs ont contribué à la croissance de marchés tels que l'électronique et les textiles à travers la région. La croissance de la consommation participe également au renforcement du secteur industriel, produire à proximité des consommateurs étant moins onéreux. Ainsi, la part de l'ASEAN dans la production manufacturière mondiale est passée de 26,5% à 46,5% entre 1990 et 2013.

La région est première productrice mondiale d'huile de palme

La région produit en outre de nombreuses matières premières. Elle est la première productrice mondiale d'huile de palme (photo) et la deuxième de riz, et produit également une quantité significative de gaz naturel et de charbon (6,5% et 7,5% de la production mondiale respectivement).

Le secteur des services joue aussi un rôle important dans la région. La sous-traitance est mondialement compétitive : les Philippines ont dépassé l'Inde dans le domaine des centres d'appel. Singapour et la Malaisie possèdent un secteur financier solide (respectivement en gestion de patrimoine et en finance islamique), ainsi que des services de transport et de logistique sophistiqués.

Enfin, l'industrie du tourisme connaît un boom au Myanmar. Certaines économies sont montées en gamme, développant les secteurs de la haute technologie (dont les biotechnologies) et des services numériques (comme la cyber sécurité à Singapour).

Découvrez les tendances économiques de la région

Environnement des affaires attractif

L'intégration régionale, source de croissance de la zone, connaît des avancées : la Communauté Economique de l'ASEAN (AEC) devrait être créée cette année. L'AEC vise à établir un marché et une base de production communs de manière à renforcer le commerce intra-régional et à faciliter la création d'entreprises dans la zone. Singapour se maintient à la première place du classement Doing Business de la Banque mondiale depuis huit ans et six des dix pays de l'ASEAN figurent parmi les 50 pays les plus aptes à l'anticipation et la gestion des changements selon l'index élaboré par KPMG.

La zone abrite le marché de consommation à croissance la plus rapide du monde. Les grandes puissances telles que la Chine, les Etats-Unis et l'Inde se livrent à une lutte d'influence au sein de la zone pour y assoir leur présence, et parallèlement les pays associés rivalisent de mesures visant à attirer les investisseurs. En 2010-2013, les flux d'Investissements directs étrangers (IDE) en intra-ASEAN ont augmenté de 25% par an en moyenne et les flux d'IDE en provenance de pays hors-ASEAN de 13% par an.

Défis à venir

Le ralentissement de l'économie chinoise, premier partenaire commercial de la zone, la chute des prix des matières premières, la dépréciation des monnaies asiatiques face au dollar américain et la hausse attendue des taux d'intérêts aux Etats-Unis sont des défis pour les pays de l'ASEAN.

De plus, le développement des infrastructures (énergie, transport) n'a pas suivi la croissance économique. Les cadres réglementaires sont souvent changeants, les droits de propriété intellectuelle parfois peu appliqués, les modèles de développement manquent d'inclusion sociale et de durabilité. En outre, les coûts des douanes, frais de port, transport intérieur et autres frais d'import/export sont 24% plus élevé en ASEAN qu'en Chine. Le risque de désastres naturels est toujours présent, la région étant située dans une zone de forte activité sismique et cyclonique.

Le marché de l'Asie du Sud-Est

Un marché asiatique nocturne
Un marché asiatique nocturne

Zones économiques

La région compte plusieurs pôles économiques:

  • Singapour : Base de choix pour de nombreuses multinationales dans la région Asie-Pacifique
  • La Malaisie : Agglomération de Penang, Kuala Lampur
  • L'Indonésie : Jakarata et sa banlieue (Jabotabek), Banten, Surabaya, Medan
  • Les Philippines : Manille, Cebu
  • La Thaïlande: Bangkok, Nakhon Ratchasima
  • Le Vietnam: Hanoï (centre économique et politique du nord du pays), Ho Chi Minh au sud qui présente un intérêt particulier pour les PME car le secteur privé y est en plein essor

Démographie

L'attractivité de l'ASEAN en tant que marché de consommateurs repose sur une population vaste, jeune et de plus en plus urbaine et prospère. Environ 10% de la population mondiale vit dans cette région peuplée de 623 millions d'habitants en 2014, dont 41% en Indonésie. 44% ont moins de 25 ans, aux Philippines par exemple, plus de la moitié des 100 millions d'habitants que compte le pays a moins de 25 ans.

Les classes moyennes de l'ASEAN connaissent une des croissances les plus rapides au monde: à l'horizon 2018, environ 80 millions de foyers devraient avoir un revenu annuel supérieur à 10.000 USD, soit le double de leur niveau de 2013. Durant la période 2013-2018, la région devrait accueillir 5,5 millions d'habitants supplémentaires en zone urbaine par an.

Ainsi, alors qu'aujourd'hui 70% de la population vietnamienne est rurale, ce chiffre devrait tomber à 50% en 2030. En 2014, le PIB par habitant moyen de la région s'élève à environ 10.350 dollars PPA (Avril 2015 - FMI), et le revenu moyen par habitant varie de 1.410 USD pour les quatre nouveaux membres (Cambodge, Laos, Myanmar et Vietnam) à 19.550 USD pour les six pays membres fondateurs.

Découvrez plus sur les pays de l’ASEAN

PIB par tête (PPP) de l'ASEAN-5
source FMI - Avril 2015

Profil du consommateur

Le profil du consommateur varie selon les pays de la région et à l'intérieur des pays, mais on peut néanmoins en dresser un portrait général. Pour une grande partie de la population à revenus moyens ou faibles vivant en zone rurale, le prix reste le critère décisif, et la consommation est essentiellement axée sur les produits alimentaires et autres produits de base.

Dans certains pays (comme par exemple l'Indonésie, la Malaisie) la consommation est un acte très valorisé, assimilé à la modernité et à la richesse du mode de vie à l'occidental. En revanche, aux Philippines, consommer pour soi-même plutôt que pour sa famille est encore mal vu, de même que les dépenses ostentatoires. Dans les pays où la population bénéficie d'un fort pouvoir d'achat comme à Singapour, la qualité et le service après-vente sont aussi importants qu'un prix compétitif, et les consommateurs sont sensibles et fidèles aux marques.

De façon générale, l'émergence de la classe moyenne stimule la demande de produits électroniques, téléphones mobiles, voitures et services d'éducation, de santé et de loisirs. De nouveaux marchés s'ouvrent dans les secteurs de l'agro-alimentaire, l'industrie pharmaceutique, les cosmétiques et les produits de luxe, mais aussi dans l'environnement. Il existe un intérêt croissant pour les produits français de haute qualité.

Réseaux de distribution

Il est nécessaire de travailler avec un agent, un distributeur ou autre intermédiaire local. Mis à part Singapour qui présente un réseau de distribution semblable à celui des pays occidentaux, avec une domination des réseaux de distribution à grande échelle, les pays de la région disposent d'un réseau de distribution majoritairement dominé par les canaux traditionnels.

En Malaisie par exemple, le commerce est le centre des petits négoces familiaux et fonctionne à partir d'une structure complexe de fournisseurs, entrepreneurs et sous-traitants.

Au Vietnam, les commerces de proximité représentent 80% du réseau de distribution tandis qu'en Indonésie, petits stands traditionnels, marchands colporteurs et autres petits détaillants représentent 95% de tous les détaillants et près de 56% des ventes. Le secteur est néanmoins en pleine mutation, et les centres commerciaux (malls) et supermarchés fleurissent. La franchise se développe et le e-commerce connaît une expansion rapide.

Un vendeur ambulant sur un marché flottant au Vietnam
Un vendeur ambulant sur un marché flottant au Vietnam

En 2014, le marché du e-commerce de l'Asie-Pacifique a dépassé celui de l'Amérique du nord en valeur. Des opportunités existent ainsi dans les secteurs de la vente au détail, les jeux en ligne, le tourisme et l'hôtellerie.

Commerce extérieur

Le principal partenaire commercial de l'ASEAN est la région elle-même (échanges intra-ASEAN), qui représentait près du quart du commerce en 2014. Ce phénomène est soutenu par la Zone de libre-échange de l'ASEAN (ASEAN Free Trade Area - AFTA, créée en 1992). Bien qu'il ne s'agisse pas d'une union douanière comme l'UE, l'AFTA a permis la réduction des tarifs douaniers à des taux de 0-5% pour 99% des produits échangés entre les six états fondateurs de l'ASEAN.

Les quatre nouveaux états membres, dotés d'économies plus modestes, bénéficient d'un délai pour appliquer ce règlement, l'achèvement du processus de libéralisation devant se faire entre 2015 et 2018. La création attendue de l'AEC (ASEAN Economic Community) à la fin de l'année devrait permettre l'établissement d'un marché et d'une base de production communs, où les biens, services, investissements, travailleurs qualifiés et capitaux circuleront librement au sein de l'ASEAN.

La région est également bien intégrée à l'économie mondiale, y compris à travers un ensemble de divers accords de libre-échange. La revue The Economist a surnommé ce réseau complexe d'accords de libre-échange multilatéraux et bilatéraux en Asie le « bol de nouilles ». Le ratio « commerce sur PIB » de six des économies de l'ASEAN dépasse 100% (OMC, moyenne 2011-2013), et atteint 368% pour Singapour.

L'ASEAN est aujourd'hui le quatrième exportateur mondial et devrait se hisser à la troisième position d'ici 2018. Elle exporte essentiellement des machines et équipements électriques, des huiles et combustibles minéraux, des machines, appareils et engins mécaniques ainsi que des huiles et graisses animales, des matières plastiques et du caoutchouc. Les exportations de services se sont également développées ces dernières années. Les principaux services exportés sont les services de voyages, de transport, d'affaires et financiers.

Si l'on exclut le commerce intra régional, le principal partenaire commercial de l'ASEAN est la Chine, suivie par l'UE, le Japon et les Etats-Unis. L'UE a signé son premier accord de libre-échange dans la région avec Singapour. Il devrait entrer en vigueur à la fin de l'année et servir de modèle pour des accords avec d'autres pays membres de l'ASEAN.

Exports 2014, en milliards USD (total de 963 milliards USD)
Exports 2014 USD millions %
Electrical machinery and equipment and parts thereof; sound recorders and reproducers, television image and sound recorders and reproducers, and parts and accessories of such articles 229 100,8 23,79%
Mineral fuels, mineral oils and products of their distillation; bituminous substances; mineral waxes 121 018,2 12,57%
Nuclear reactors, boilers, machinery and mechanical appliances; parts thereof 101 817,9 10,57%
Animal or vegetable fats and oils and their cleavage products; prepared edible fats; animal or vegetable waxes 35 058,4 3,64%
Selected Others HS 98-99 33 675,4 3,50%
Plastics and articles thereof 28 985,9 3,01%
Rubber and articles thereof 28 705,2 2,98%
Vehicles other than railway or tramway rolling-stock, and parts and accessories thereof 27 803 2,89%
Optical, photographic, cinematographic, measuring, checking, precision, medical or surgical instruments and apparatus; parts and accessories thereof 27 124,1 2,82%
Organic chemicals 25 328,6 2,63%
Natural or cultured pearls, precious or semi-precious stones, precious metals, metals clad with precious metal, and articles thereof; imitation jewellery; coin 23 912,6 2,48%
Others 281 403,1 29,12%
TOTAL 962 933,2 100,00%

Les exportations françaises progressent

Le secteur des transports et tout particulièrement l'aérospatial représente une écrasante part des exportations de la France dans la région
Le secteur des transports et tout particulièrement l'aérospatial représente une écrasante part des exportations de la France dans la région

L'importance de l'ASEAN pour la France ne doit pas être sous-estimée. Ces pays sont plus importants pour la France que l'Inde ou le Brésil. Selon les économistes de BNP Paribas, les exportations de la France en direction du Vietnam, de la Malaisie, de la Chine et de l'Inde augmenteront de près de 10% par an à moyen terme.

La France importe essentiellement de l'ASEAN des biens d'équipement électriques et électroniques. Ce secteur représentait les trois quarts de ses importations en provenance de Malaisie en 2014. La France importe également des vêtements et textiles, des produits agricoles et agroalimentaires et des produits pharmaceutiques.

Les exportations de la France à destination de l'ASEAN sont dominées par le secteur des transports (essentiellement l'aérospatial), lequel représente une écrasante part des exportations de la France dans la région (environ 40% en 2013-2014). Par exemple, les ventes d'avions ont représenté plus des trois quarts des exportations de la France en direction des Philippines en 2014.

La France exporte des produits agroalimentaires, des produits chimiques, parfums et cosmétiques, des technologies de l'information, produits électroniques et d'optique et des produits pharmaceutiques. Au sein de l'ASEAN, les principaux fournisseurs de la France sont le Vietnam, Singapour et la Thaïlande. Son principal client est de loin Singapour (37,8% en 2014), suivi par la Malaisie et les Philippines (+30% des exportations françaises vers ce pays entre 2013 et 2014). La Thaïlande a pris la troisième place en 2013, mais ses importations totales ont diminué en 2014 suite à la crise politique.

Après avoir enregistré une balance commerciale négative avec l'ASEAN pendant une décennie, la France a affiché en 2013 une balance commerciale positive, grâce par exemple à la vente de trois Airbus A380 (280 millions EUR chacun) à la Thaïlande. Les chiffres globaux concernant les exportations de la France sont donc biaisés, du fait de la domination du secteur des transports en valeur.

Ainsi, malgré un déclin des exportations totales durant la première moitié de 2014 en comparaison avec la même période de 2013, certains secteurs ont progressé, comme les produits agricoles et agroalimentaires. Par exemple, les exportations françaises de produits agroalimentaires en Malaisie ont augmenté de 14,5% en 2014, dominées par les boissons alcoolisées et les produits laitiers. Aux Philippines, les exportations françaises de produits agricoles et agroalimentaires ont augmenté de 28,3% en 2014 (+40% pour les produits laitiers et la viande).

Les secteurs porteurs

Environ 63% des besoins de l'ASEAN en matière d'infrastructures concernent l'énergie et les transports
Environ 63% des besoins de l'ASEAN en matière d'infrastructures concernent l'énergie et les transports

Infrastructure

Le développement des infrastructures n'ayant pas suivi le rythme de la croissance économique de l'ASEAN, il existe de nombreuses opportunités dans ce secteur, et les gouvernements recherchent activement l'implication du secteur privé à travers des partenariats public-privé. Au cours des dix prochaines années, 1.000 milliards USD seront ouverts aux investissements privés sous forme de partenariat public-privé (PPP) pour des projets d'infrastructures sur le continent asiatique. Environ 63% des besoins de l'ASEAN en matière d'infrastructures concernent l'énergie et les transports.

Téléchargez l'étude de marché de KPMG: "Les infrastructures en ASEAN" (PDF - en anglais)

Aéronautique

Malgré le risque de surcapacité qui se profile et les mauvaises performances réalisées en 2014 - les compagnies aériennes régionales subissant des pertes de 1 milliard USD - le secteur aéronautique possède un potentiel certain. Près de la moitié du trafic aérien se fera en Asie en 2030, et la flotte de l'ASEAN devrait plus que tripler entre 2013 et 2033. La libéralisation des services de transport aérien en ASEAN (Marché aérien unique -ASAM) fin 2015 entrainera la croissance du secteur.

Premier marché au monde pour les compagnies à bas prix, l'ASEAN bénéficie d'atouts majeurs tels qu'une démographie dynamique, une classe moyenne en forte progression et une situation géographique favorable. Face à la sous-capacité aéroportuaire des projets d'investissements dans les infrastructures aéroportuaires estimés à 46,5 milliards USD ont été lancés, en majorité ouverts aux PPP.

L'aéronautique en ASEAN (PDF)

Agroalimentaire

La croissance démographique et la vigueur de la consommation intérieure portée par le développement des classes moyennes offrent des perspectives très intéressantes pour le secteur de l'agroalimentaire. Le marché de l'alimentation de l'ASEAN, en hausse de 5,6% par an, représentera plus de 600 milliards USD en 2020.

La diversification des régimes alimentaires et leur convergence avec les habitudes occidentales ouvrent de nombreuses opportunités dans les filières animale et laitière, en croissance mais en retard sur la consommation. La demande pour les vins et spiritueux est également en hausse, Singapour absorbant la majorité des exportations françaises dans la région et servant de plateforme de réexportation.

L'ASEAN, une région d'avenir pour les exportations agroalimentaires françaises (PDF - 10 Mo)

La pratique des affaires

Le quartier d'affaires de Singapour
Le quartier d'affaires de Singapour

Connaître la culture des affaires

Voici quelques principes fondamentaux de la culture des affaires en Asie du Sud-Est :

Réussir son implantation

Rapport Conseilleurs de Commerce Extérieur de la France (CCEF) – Singapore (extraits):
« LES FRANÇAIS FACE AU MARCHE DE L’EMPLOI EN ASIE DU SUD-EST » Juin 2014 (téléchargez le rapport complet en PDF)

Singapour

Les formalités administratives de création d'entreprise à Singapour sont extrêmement simples. Les différentes structures et formalités figurent sur le site www.Acra.gov.sg. L'investissement étranger est libre et bienvenu. Singapour est un état de droit, avec une cour d'arbitrage internationale.

Financement : la présence bancaire tant locale qu'internationale est adéquate. Cependant le financement bancaire, notamment du fonds de roulement, pour TPE et petites PME implantées localement demeure difficile en Asie du Sud-Est y compris à Singapour, sauf apport de garanties « collaterals » ou dans le cadre d'un « scheme » gouvernemental - voir Paragraphe « Aides ».

Financement de haut de bilan : Singapour est l'une des places les plus importantes de private equity/venture capital en Asie, mais avec une prédominance d'opérations en capital pour des entreprises ayant déjà atteint une certaine taille. Les acteurs en capital amorçage et capital-risque sont présents mais le nombre d'opérations réalisées demeure limité. Un réseau actif de business angels existe (BANSEA). Dans ce contexte (comme ailleurs), il est crucial d'avoir le bon business model, dans le bon secteur et le bon entregent.

Aides : des aides diverses gouvernementales ou semi-publiques existent en faveur des créateurs d'entreprise. Les conditions d'obtention sont liées à la structure du capital, au secteur d'activité, etc... Les aides financières sont souvent octroyées après délivrance des résultats escomptés lors de l'octroi des aides, sous forme de remboursements ou de crédit d'impôt. Les aides non financières (conseil, incubateurs) existent également. Voir liste des aides sur www. enterpriseone.gov.sg.

Malaisie

Forte mobilisation pour attirer les investissements étrangers. Les agences gouvernementales « Invest KL, Invest Penang » sont très actives dans leur soutien aux entreprises : les dossiers sont étudiés au cas par cas avec une préférence pour les secteurs NKEA (National Key Economic Areas). A noter que la création d'une entreprise (Sdn Bhd) pour le secteur privé est très facile mais nécessite un capital de 500.000 MYR (environ 102.000 EUR) pour pouvoir obtenir un permis de travail.

Thaïlande

Aucun accès à des financements locaux. A noter qu'en Thaïlande, il n'est pas possible pour un étranger de posséder plus de 49% des parts d'une entreprise (à part pour les entreprises inscrites sous certaines conditions au Board of Investment (BOI)). S'associer avec un partenaire est donc la plupart du temps obligatoire.

Philippines

La prise de participation majoritaire au capital d'une entreprise locale est autorisée aux Philippines pour un nombre très limité de secteurs. Une liste d'exclusions est publiée chaque année. La majorité des investissements ne permettent pas aux étrangers de détenir plus de 40% du capital d'une entreprise (règle des 40/60 où 60% des parts doivent être détenues par un investisseur philippin). La Constitution de 1987 interdit aux étrangers l'achat de terrains.

Indonésie

La création d'entreprise est compliquée et longue pour un étranger et il n'existe pas d'outils de financement locaux. Par contre, il n'y a pas de freins à l'apport de capitaux français en Indonésie et il n'y a pas de problème pour rapatrier des capitaux d'Indonésie en France.

Etre solidement accompagné

Une fois la décision prise de s’implanter à l’étranger, il est important de déterminer les moyens et méthodes à employer pour limiter les risques. Deux facteurs feront pencher la balance : le recours à des acteurs privilégiés et la persévérance des équipes internes.

Spécialistes

Ce fut le cas de la société McPHY Energy, leader des technologies de stockage d'hydrogène solide, accompagné par BNP Paribas depuis sa création il y a 6 ans. Son IPO en 2013 (BNP Paribas / Portzamparc Co Chef de file) lui a donné les moyens de structurer son développement, notamment en créant trois filiales commerciales à l'international (Singapour, Russie, Etats-Unis) en 2014.

En amont, les avocats, consultants et experts-comptables du réseau d'experts BNP Paribas Trade Development ont sécurisé son implantation dans ces trois pays, en réalisant toute la partie opérationnelle (création des structures juridiques, rédaction de contrats de travail, portage salarial, gestion comptable, fiscale et sociale des entités créées). L'étendue du réseau international de BNP Paribas lui a aussi permis d'ouvrir des comptes bancaires à Singapour, Moscou et New York.

Plus d'information sur BNP Paribas Trade Development

Diplomatie économique

Interview de Son Excellence Ma. Theresa LAZARO, Ambassadeur des Philippines en France.

Son Excellence Ma. Theresa LAZARO

Comment l’Ambassade des Philippines à Paris accompagne les entreprises françaises dans leurs échanges commerciaux avec les Philippines.

« La politique étrangère des Philippines repose sur trois piliers : la sécurité nationale, la sécurité économique et la protection des droits et la promotion du bien-être et des intérêts de tous les Philippins à l’étranger.
Pour l’Ambassade des Philippines à Paris, le deuxième pilier, autrement dit la diplomatie économique, repose à la fois sur la promotion des produits et services philippins en France et sur l’incitation des entreprises françaises à investir aux Philippines.

A la suite des visites historiques aux Philippines du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault en octobre 2012, suivie de celle du Président François Hollande en février 2015, le développement politique, économique, culturel et social entre les 2 pays s’est fortement accru.

2010 - 2014 correspond à la période durant laquelle la croissance économique des Philippines a été la plus rapide depuis 40 ans, avec une moyenne de 6.2% par an. Les Philippines sont aussi membres de l’ASEAN – une des régions les plus dynamiques du monde – qui entend devenir une Communauté Economique à part entière d’ici la fin de l’année 2015.

Grâce à ces éléments prometteurs, je rencontre de plus en plus d’entreprises françaises – de la PME jusqu’aux grands groupes du SBF 120 et CAC 40 – intéressées pour trouver de nouveaux relais de croissance aux Philippines.

Il existe plusieurs façons de s’implanter sur le sol philippin pour des sociétés françaises, le rôle de l’Ambassade est de leur offrir une meilleure compréhension et connaissance du paysage économique local. Concrètement, nous sommes à même de faciliter des rencontres avec de solides entreprises philippines recensées par les services de l’Ambassade. Avec le soutien d’autres Ministères du Gouvernement philippin, nous sommes également capables d’organiser des missions personnalisées aux entreprises françaises en fonction du secteur ciblé. Ces missions peuvent inclure des réunions d’affaires avec des établissements du secteur public, des entreprises privées, des établissements de l’enseignement supérieur, et bien d’autres encore.

L’Ambassade ne s’autorise pas à divulguer des informations sur les entreprises françaises prospectant activement aux Philippines, je peux néanmoins affirmer que nous avons des actions bien engagées avec certaines d’entre elles. Ces entreprises sont issues de secteurs d’activité diversifiés comme le développement de jeu vidéo, la construction, la gestion d’actifs…

Notre mission, en tant que satellite du Ministère des Affaires Etrangères, nous permet d’être en relation avec toutes les institutions gouvernementales et publiques, aussi bien dans le domaine de la santé, des sciences et des technologies, de l’environnement et du transport. Cet avantage nous permet de fournir aux entreprises françaises, quel que soit leur secteur d’activité ou business modèle, une vision plus globale sur le manière de développer leur business aux Philippines ».

Les pratiques bancaires en ASEAN

Les principaux moyens de paiement utilisés par l'ASEAN

Avec des perspectives de croissance continue, un volume de commandes record de 14,9 Milliards d'Euros en 2013, ou encore l'exportation de la moitié de ses trains et équipements, c´est tout le secteur ferroviaire allemand qui est aujourd´hui en proie à une forte dynamique. Même si Bombardier, Siemens ou encore Alstom en sont les chefs de files, c´est la pluralité du réseau de constructeurs et équipementiers qui fait la richesse de ce secteur.

  Utilisation courante Utilisation faible ou nulle
Chèque d'entreprise Utilisation faible ou nulle
Chèque de banque Utilisation faible ou nulle
Virement SWIFT Utilisation courante
Lettre de change Utilisation courante
Billet à ordre Utilisation faible ou nulle
Remise documentaire Utilisation courante
Crédit documentaire Utilisation courante

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Ils réussissent dans l'ASEAN

En partenariat avec "Entrepreneurs d'Asie"

Grégory Costamagna

Co-fondateur & PDG, Asia Deal Group

Gregory Costamagna
« Aujourd'hui, leader de l'achat groupé en Asie du Sud-Est »

Créé en 2010 à Singapour par deux français, StreetDeal est aujourd'hui un des leaders de l'achat groupé en Asie du Sud-Est. Loin d'être le seul sur le créneau du discount en ligne au moment de son lancement, StreetDeal s'est rapidement distingué par un design attractif, un marketing efficace et une excellente relation avec ses fournisseurs. “Ce trio nous a permis au début de vraiment nous différencier et de monter rapidement sur ce marché”, se souvient Grégory Costamagna, co-fondateur de StreetDeal. De fait, un mois après son lancement, le site se positionnait déjà comme le 4e acteur du marché dans la région. En 2012, ce sont 6 millions d'euros d'articles et de services discount qui sont vendus entre Singapour, la Malaisie, la Thaïlande et l'Indonésie. Ce chiffre traduit la vente de “plusieurs centaines de milliers de coupons”, s'enthousiasme alors le jeune entrepreneur de 29 ans.

Aujourd'hui, StreetDeal est présent à Singapour, mais aussi en Thaïlande, en Malaisie et aux Philippines. Ces quatre enseignes nationales sont regroupées au sein de l'entreprise Asia Deal Group, dont Grégory Costamagna est le PDG. Celui-ci cherche désormais à étendre son activité : tout d'abord géographiquement, en direction des autres pays de la région, puis stratégiquement, en entamant la “transition de StreetDeal d'un site de coupons à une plateforme générale de e-commerce”. Il espère ainsi se développer rapidement et devenir sous peu le “leader du e-commerce dans le sud-est asiatique”.

Guillaume de Vaulchier

Fondateur, Café Caps

Guillaume de Vaulchier occupe un poste important d’expatrié en Thaïlande pour Nestlé lorsqu’il démissionne à 49 ans. Il assiste alors un ami, ancien de Nestlé lui aussi, dans le lancement de son entreprise. L’expérience le marque, au point qu’il décide de rester à Bangkok pour y créer sa propre affaire. “Restait à trouver l’activité !”, se souvient-il. Ce sera le café en capsules. En avril 2013, Café Caps est lancée. Sa famille l’accompagne dans l’aventure. Coralie, son épouse, participe à la production, et leur fils Maxime est en charge du marketing.

Pour concurrencer Nespresso, Lavazza et les autres, les de Vaulchier combinent les savoirs faire. Les capsules importées d’Italie sont conditionnées sur une chaîne de production bulgare. Quant aux cafetières et aux tasses, elles viennent de Chine. Le café, lui, est majoritairement thaïlandais. “Il y a 90% de taxe d’importation sur le café en Thaïlande, donc j’étais tenté d’en importer le moins possible !”, raconte l’entrepreneur. Les mélanges sont élaborés par un français, « maître-torréfacteur » de père en fils, “installé dans le nord de la Thaïlande depuis 20 ans”. Le résultat est à la hauteur, avec un produit de qualité, “en moyenne près de deux fois moins cher”.

La marque distribue aujourd’hui ses produits en ligne, dans son showroom du centre de Bangkok, et dans des corners dans divers centres commerciaux du pays. En “réinvestissant systématiquement dans les produits et la distribution”, Guillaume de Vaulchier compte s’autofinancer dès 2016, avant de pouvoir s’attaquer aux autres marchés de la région dès 2018.

Guillaume de Vaulchier
« Dans un marché très concurrentiel, nous parions sur la qualité »

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Réalisé en coopération avec les Conseillers du Commerce Extérieur de Singapour, Entrepreneurs d'Asie.

Remerciements : Son Excellence Ma. Theresa LAZARO, Ambassadeur des Philippines en France.